« Make cool shoes that help children. » C’est la devise de Twins for Peace, marque de chaussures (et désormais de vêtements) créée en 2009 par deux frères, Maxime et Alexandre Mussard. L’idée de départ ? Pour une paire achetée, une paire offerte à un enfant dans le besoin. Et l’entreprise ne s’est pas arrêtée à ce premier pari...

Quelle idée ! Jouer au foot dans les rues de Madagascar, pieds nus, et contre des adversaires tous chaussés. Bilan : un enfant blessé. Sur le moment Maxime Mussard, premier des deux frangins fondateurs de Twins for Peace, n’hésite pas une seconde : il délasse ses chaussures et les donne au gamin. À l’avenir, ce petit du Sud courra comme ceux du Nord. Pour remercier Maxime, le jeune garçon l’attend le lendemain en bas de son hôtel avec, à la main, son livre d’anglais comme cadeau. Une révélation. « Quand les gens les plus modestes sont souvent les plus généreux, nous devons remettre en question notre mentalité égocentrique et aider ceux dans le besoin. Je pense qu’il est du devoir de notre génération d’être actif et de faire évoluer les choses. »

2009, Maxime et Alexandre - le second twin - accompagnés par leur ami d’enfance Louis-Félix de Fenoyl lancent Twins for Peace. Une marque de vêtements portée par les valeurs du « buy one - give one » comme le faisaient les projets Toms ou Charity Water un peu avant eux. L’idée ? Chaque paire, vêtement ou accessoire vendu génère un don pour une personne dans le besoin. Ici un point de départ : des chaussures. 

En 2012, Yoann Corbin, ex-banquier d’affaires et basketteur de haut niveau, rejoint le trinôme et prend les rênes de l’entreprise. Deux mètres zéro deux de bienveillance et de professionnalisme à l’état brut. C’est le gabarit qu’il faut pour porter la jeune entreprise de déjà trois ans. Grâce à son soutien, le reste du groupe se consacrera désormais à 100 % aux futures créations et à la direction artistique de la marque.

Mardi 21 mars 2017, on avait pris rendez-vous avec Yoann au flagship Twins for Peace, du côté d’Oberkampf.

5 rue Commines, Paris

Pas de doute, c’est bien là. Les chaussures de la marque nous interpellent de l’autre côté de la rue. Perles collées motifs nuages ou tigrés, empiècements géométriques et autres associations audacieuses colorées. Le nez sur la vitrine on remarque soudain les autres créations - bien plus discrètes, elles. Des paires monochromes, avec pour unique griffe l’extrémité rouge vif d’un lacet, signe de la solidarité. Une profusion de teintes et de motifs, que l’on devine tout droit sortis d’esprits créatifs bien à leur aise.

À l’intérieur du flagship, celui qui permet aux créatifs de s’épanouir détaille : « pour Maxime, les chaussures définissent un peu la personnalité de chacun. » Ici, tout le monde doit y trouver son compte. Mais Yoann tient à nous rassurer : « pour le côté humanitaire, nous ne produisons pas les mêmes. Ici, ce sont des accessoires de mode. Les enfants, eux, ont besoin de chaussures adaptées à leurs besoins, pour courir et marcher. » Des objets qui sont en plus produits là où les fondateurs se rendent, pour assurer un dynamisme économique.

Désolé, mais c'est non.

Quand les grandes marques de luxe et de prêt-à-porter se distinguent par la taille du morceau d’histoire qu’elles incarnent, les start-up doivent souvent s’improviser reines du storytelling. Twins for Peace n’échappe pas à cette règle, mais se donne les moyens de ses déclarations : en produisant sur place et en proposant également d’autres formes de dons via leurs collections de vêtements et accessoires. Et c’est un succès, en attestent les photos d’enfants qui ornent les murs du 5 rue Commines. Des clichés à faire chavirer le cœur des plus grands, et on ne parle pas ici de celui de Yoann ! Plutôt des géants du prêt-à-porter, qui démarchent Twins for Peace dans l’espoir d’une collaboration.

« Nous travaillons uniquement avec des marques qui partagent nos valeurs. Trop souvent, celles qui nous démarchent produisent dans des pays où nous ne voulons justement pas produire. » Pour Twins for Peace, hors-de-question de faire figure de faire-valoir pour donner bonne conscience à ces marques. La team française s’attelle à produire depuis le départ au Portugal, avec des matières venues d’Espagne, de France, ou encore d’Italie, « à part pour les quelques modèles perlés, qu’on a commencé à produire au Cameroun puis que nous avons dû délocaliser en Inde pour des raisons logistiques. »  Un jeune couple à la tête d’une usine près de Lyon devrait bientôt permettre aux Twins de se lancer dans le made in France. Ultime consécration. «Il y a de la place pour les acteurs comme nous »

Buy one - give one, projets humanitaires, made in France et grandes marques en quête de collaborations avec les marques éthiques... et si l’avenir de la mode se jouait dans les (vraies) valeurs positives ? Yoann en est convaincu.

« Aujourd’hui nous sommes dans la surconsommation. Il faut redonner du sens, apporter quelque chose de nouveau et avoir un impact positif sur le monde. » Tant qu’il y aura des problèmes, il y aura de la place pour l’altruisme. Au passage, le CEO nous avoue son rêve : « produire à partir de chaussures recyclées ». Car le recyclage pourrait les emmener loin, très loin. Imaginez un peu : « recycler les chaussures usées, la gomme, les semelles... pour en faire des terrains de sport! Des entreprises le font déjà. En plus de donner des chaussures aux gamins, on pourrait leur construire des complexes sportifs, ce serait incroyable!» Un projet en stand by pour le moment, manquent à l’équipe les machines et un partenaire aux reins solides... Dommage, on imaginait déjà toutes les nouvelles photos sur les murs de la boutique.

Consommateurs de demain

Chez Twins for Peace, pas de doute, le futur est dans la gamme junior, développée depuis l’été 2015. Yoann en est persuadé : expliquer à son enfant qu’en achetant une paire, il va en offrir une à quelqu’un dans le besoin, « ça a autant de sens pour les adultes que pour les plus petits. C’est un message fort pour la nouvelle génération ! »

La beauté du projet de Twins for Peace ? Quand ils nous parlent d’avenir, ils ne parlent pas uniquement du leur.


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